• Titre : Saru

    Auteur : Daisuké Igarashi

    Éditeur : Sarbacane

    Synopsis : Une légende raconte qu'il existe un pouvoir extraordinaire qui sommeille au plus profond de la Terre. Ce pouvoir a prit la forme d'un singe très puissant autant physiquement que psychologiquement. Mais un jour, cette divinité surpuissante se divise en deux ; une partie physique et une partie mentale, qui s'est dispersée sur Terre pour survivre.

    La partie physique grandie chaque fois de plus en plus lorsque la partie mentale diminue. Pour cela, des personnes utilisent la magie noire pour détruire cette partie mentale qui sommeil dans certains être humains.

    Nana, une jeune japonaise, et Nawan Namugyaru, un homme amnésique, se retrouvent malgré eux emportés dans cette guerre pour stopper les utilisateurs de magie noire qui essayent de ressusciter la divinité.

    Manga : Saru de Daisuké Igarashi

     

    Mon avis :

    Saru est un manga de Daisuke Igarashi publié aux Éditions Sarbacane.

    Merci à Babelio et à Juliette des éditions Sarbacane pour ce gros volume reçu dans le cadre du masse critique.

    Je l’ai dévoré d’une traite malgré ses 440 pages. Les cases sont assez grosses et il a finalement assez peu de dialogue. Je ne suis pas vraiment fan du trait de crayon de l’auteur, cette impression de trait jeté sur le papier. Cependant, cela n’entache en rien la lecture et les superbes paysages et décors sont très bien rendus !

    La première chose qui saute aux yeux, c’est l’immense travail de recherche qu’a dû effectuer l’auteur pour ce manga. Bravo, car j’ai l’impression que cela devient rare de nos jours de prendre le temps de faire des recherches pour ses ouvrages. Angoulême, Pérou, Éthiopie, Afghanistan… on voyage beaucoup dans ce livre et à chaque fois, c’est une découverte de paysage. Les personnages sont aussi très divers et variés et cette diversité et très agréable. Même si je n’ai pas toujours vraiment compris pourquoi certains étaient là, comme Pizarro par exemple… J’ai beaucoup apprécié la majorité des personnages, ils ont tous leurs caractères, leurs particularités et leurs mystères. J’ai beaucoup aimé la révélation sur le rôle de Nana dans l’affaire, ce genre de « détail » et suffisamment rare pour être souligné.

    Après, dans le fin fond, j’ai trouvé l’histoire un peu « classique » dans le sens où finalement c’est le combat du bien contre le mal. Mais là où habituellement un héros se présente pour sauver le monde, ici c’est la « richesse » culturelle qui permet de conserver et sauver la paix du monde. Et ça, c’est BIEN. D’ailleurs, le manga ne cache pas son soutien aux peuplades et « civilisations » en perditions, détruites par l’occidentalisation du monde. Et que cette perte peu nous mené à la catastrophe. On retrouve donc beaucoup d’éléments de différentes mythologies qui s’entrecroisent, des croyances asiatiques à nos reliques chrétiennes.

    Je regrette un peu la fin, avec un combat final occulté ou un peu rapide… C’est un peu dommage.

    Quoi qu’il en soit, c’est un très bon manga, travaillé et consciencieux, on ne le lâche pas. Un incontournable si on aime les mythes et légendes, les histoires ésotériques ou simplement la coopération entre les peuples.   

     

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  • Une nouvelle aventure de Blake et Mortimer pour Noel, c'est vraiment un beau cadeau sous le sapin. Après la décevante « suite » de la Marque Jaune, voilà une préquelle de L'espadon... c'était aussi casse-gueule, mais cette fois-ci, ça se passe plutôt bien.

    Le dessin est impeccable, même si je trouve la couverture très moche. Elle est extrêmement terne malgré l’effet dynamique des avions. Un format "italien" existe aussi et pour le coup, la couverture est plus jolie.

    L’histoire est claire, nette et très bien menée malgré le fait qu’elle manque de dynamisme. Car oui, en réalité, il ne se passe pas grand-chose… Très peu d’action et jamais ne n’ai vraiment été transporté. Un tome beaucoup plus proche du polar que de l’univers un peu fantastique de Jacobs. J’ai beaucoup apprécié que Blake soit au centre de ce tome, car avouons le, c’est surtout a Mortimer qu’il arrive des problèmes (mais ça, c’est aussi la différence de caractère des 2 hommes). On se demandera aussi le rapport avec le titre jusqu’à la fin.

    Un tome agréable à lire quoi qu'il en soit, mais on est loin des très bonnes BD de Jacobs ou de l’affaire Francis Blake….

    BD - Le bâton de plutarque

     

    BD - Le bâton de plutarque

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  • L'année dernière, j'avais eu le droit à un noel très "chouette" (vu qu'environ 80% de mes cadeaux étaient avec des chouettes ou hiboux). Cette année, la "nouvelle thématique" a été "science et savants fous". J'avoue que je ne sais pas trop comment le prendre. Mais voilà donc mes prochaines lectures scientifiques :

    • La douleur des bêtes : La polémique sur la vivisection au XIXe siècle en France:
      Les exercices chirurgicaux sur chevaux vivants furent pratiqués dans les écoles vétérinaires dès leurs fondation, au milieu du XVIIIe siècle. Dans la cour de l'école, plusieurs groupes d’élèves s'affairaient, chacun sur un animal. Les opérations étaient graduées de telle sorte qu'il pourrait toutes les supporter avant d'être mis à mort.
      Les médecins étaient l'autre catégorie de professionnels s'adonnant à la vivisection. Ils ouvraient largement la poitrine, sciaient le crâne et les hémisphères cérébraux, enfonçaient des aiguilles dans la tête, des stylets dans la colonne vertébrale ... Les cris des animaux leur donnaient des indications précieuses...
      La vivisection s'est constituée au XIXe siècle en pratique professionnel. Suscitant un véritable engouement au début du siècle, elle n'a cessé de se développer jusqu'à devenir un paradigme institutionnalisé en 1880. Dans le même temps, elle a engendré des contestations de plus en plus nombreuses, de la part de certains vivisecteurs eux-mêmes puis des médecins publicistes, des protecteurs des animaux et du grand public organisé en associations. Pourtant les ultras de la vivisections ont été vainqueurs, revendiquant avec succès la liberté totale de leurs pratiques.
      Pourquoi la vivisection s'est-elle développée de cette façon au XIXe siècle en France ? Pourquoi a-t-elle été contestée ? Comment s'est accomplie sa victoire ?
      Cet ouvrage vise deux objectifs : par le récit historique, rendre comptes des faits; par leur interprétation, sortir du point de vue dominant, celui des vainqueurs. Sujet peu connu et très maltraité, la polémique sur la vivisection et l’expérimentation animale offre l'occasion de faire une histoire sociale symétrique rompant avec la grande tradition de l'histoire des idées et réhabilitant les vaincus : les antivivisectionnistes et les animaux.
    • Marie Curie : Portrait d'une femme engagée:
      Dès août 1914, la physicienne fait transporter jusqu'au front le matériel de radiologie nécessaire à la localisation des éclats d'obus sauvant ainsi des milliers de vies. Sa fille Irène, 17 ans, l'accompagne dans les hôpitaux de guerre.

    • Curieuses histoires des dames de la science:
      L'histoire inconnue des femmes qui ont fait avancer la science.Une belle histoire, romanesque et parfois poignante.On y découvre les vies réelles de ces femmes qui ont dû se battre pour pouvoir s'adonner à une passion que, longtemps, la sociétéa réservée aux hommes : la passion de connaître et de comprendre, c'est-à-dire la recherche intellectuelle, et plus exactement larecherche scientifique. Car il y eut, même si elles furent peu nombreuses, des femmes-chercheurs, des femmes savantes !Une documentation abondante sur ces femmes qui ont participé, parfois de façon décisive, au progrès de la science, à l'avancée dusavoir humain;Ce livre répond à la question de la place des femmes dans la société : sont-elles capables de la plus haute pensée ?On découvre ici ce qu'ont fait quelques demoiselles tenaces et quelques dames volontaires, qui ont dû lutter non seulement contre lesdifficultés de la connaissance, mais contre une société trop souvent bornée dans ses préjugés, et qui ont contribué à penser le monde, àexpliquer l'Univers, et à transformer la science et l'existence humaine.Un panorama complet des femmes depuis l'antiquité grecque :- Arétè fille d Aristippe de Cyrène qui succède comme philosophe et chef de file de l'Ecole cyrénaïque.- Marie la Juive qu'on l'appelle Maria Hebraea une autre philosophe du troisième siècle de notre ère jusqu'à la Britannique JocelynBell née en 1943 qui découvrit les pulsars.- Ada Yonath la spécialiste de niveau international en matière d analyse structurale des macromolécules par diffraction des rayons X.- Hypatie, morte à Alexandrie, au mois de mars 415, la première femme mathématicienne et la première martyre de la science.Au Moyen Âge :- une moniale du XIIe siècle, Hildegarde de Bingen, qui rédigea une importante oeuvre encyclopédique.- Ou encore les sorcières qui à travers leurs manipulations de substances diverses et de plantes, vont accumuler de vrais«savoirs».Oui Marie Curie fut loin d'être la seule... mais l'histoire oublie les autres.Les voici enfin présentées avec leur découverte dans un ouvrage accessible au plus grand nombre.

    • Frankenstein (essai) : Villa Diodati, Cologny, 1816. Il était une fois un poète qui, lors d'une nuit sombre et pluvieuse sur les rives du Lac Léman, met au défi ses hôtes d'écrire la meilleure et la plus abominable histoire de fantôme. Ce poète n'est autre que Lord Byron, et dans ses amis se trouvent entre autres, Mary Shelley. Cette nuit-là, Mary Shelley est incapable d'écrire une ligne, voulant inscrire son récit dans un cadre réel. Cette réalité, Mary Shelley va la puiser dans la vie de Johann Conrad Dippel, un alchimiste et théologien allemand qui pratiqua la médecine de manière excentrique. La rumeur court que l'homme, demeurant dans le château de Frankenstein, pratiquait autopsies et expériences médicales en tout genre : l'histoire peut commencer. Réalité et fiction se confondent pour donner vie à Victor Frankenstein ! Dans un récit savamment orchestré, Radu Florescu et Marei Cazacu reviennent sur ce mythe ô combien célèbre en tentant de démêler le vrai du faux. En revenant sur la vie de Mary Shelley et des Frankenstein, ils percent le mystère des origines de ce monstre sacré.
    • Le savant fou : Personnage complexe, le savant fou renvoie à une opposition remontant à l'Antiquité qui perçoit folie et génie comme deux notions complémentaires. Cette complémentarité perdure et se nourrit des crises épistémologiques qui bouleversent la perception du monde et de lui même qu'a l'être humain. La figure du savant fou cristallise de nombreuses peurs diffuses qui peuvent être d'ordre politique, social, religieux, économique ou idéologique et qui ont trait à la possibilité même de se définir en tant qu'être humain. La figure a par ailleurs accédé au rang de figure mythique "moderne" avec le mythe de Faust qui ré-active le mythe antique de Prométhée.
      Cet ouvrage fournit l'occasion d'explorer plus particulièrement les avatars contemporains du savant fou ainsi que la spécificité des questionnement qu'il met en jeu dans le roman et les arts visuels de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Il permet également d'aborder la dimension mythique de cette figure qui du Victor Frankenstein de Mary Shelley à nos jours ne se lasse pas de resurgir dans les représentations imaginaires et fictives.

    Le dernier livre est un peu "hors du lot" mais il parle de Mary Wollstonecraft, mère de Mary Shelley qui est comme vous le savez tous, l'auteure de Frankenstein (donc pas si éloigné du thème ....). Mary Wollstonecraft était aussi une précurseur du féminisme en Angleterre et qui a assisté à la Révolution Française dont elle s'inspirera pour ses manifestes sur le droit des femmes ( texte disponible ici )

    • La citoyenne de l'ombre : Paris, décembre 1792. Alors que le procès de Louis XVI vient de commencer, une jeune étrangère se promène dans les rues boueuses de la capitale. Rebelle anticonformiste, propagatrice impétueuse des droits de la femme, Mary vient de quitter Londres, attirée par les promesses éclatantes de la Révolution, dont elle entend suivre de près les événements pour les consigner dans ses carnets.
      Les tracas quotidiens de cette femme de lettres anglaise se mêlent donc au destin des personnages célèbres de l'époque -Danton, Robespierre, Marat, Babeuf. Mais elle tombe follement amoureuse de Gilbert, un aventurier américain aux allures de gentilhomme, et cette passion furieuse vient mettre en danger ses idéaux égalitaires.
      En prêtant sa voix à une jeune servante qui raconte ses souvenirs, Elisabetta Rasy place au centre de son roman la figure de Mary Wollstonecraft, pionnière du féminisme européen, mère de Mary Shelley et inspiratrice des premiers romantiques anglais. Elle nous dévoile la face cachée d'un être hors du commun, dont les batailles intérieures suivent le grand tourbillon de la Révolution française, nous offrant ainsi un personnage sombre et lunaire qui ne cesse d'osciller douloureusement entre rêve et réalité.

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  • 1888 est une nouvelle de Céline Etcheberry publiée chez Walrus

     

    Synopsis : Entre Jack et sa montre à gousset, c'est une vieille histoire d'amour : la délicate pièce d'horlogerie est une fidèle amie et il ne faudrait pas qu'il lui arrive malheur. Mais les rues de Londres, en cette fin de dix-neuvième siècle, sont quelquefois mal fréquentées. Et ce ne sont pas les victimes de Jack qui vous diront le contraire. Nuit après nuit, alors que la célébrité n'a pas encore frappé à la porte, Jack écume les ruelles sombres pour assouvir sa soif de sang. Mais cette soif lui appartient-elle vraiment ?

    1888 de Céline Etcheberry

     

    Mon avis : Jack l'Éventreur est un sujet, vu, vu et revu. Et il continuera surement à l’être. Alors le risque de ce sujet, c’est de se retrouver avec un certain « déjà-vu ». Et bien pas du tout. J’ai trouvé que la nouvelle était très originale dans la manière d’aborder le sujet, puisqu’elle l’aborde en « sens inverse ». La montre apporte une explication assez intéressante aux meurtres, et j’avoue que j’aurai bien aimé que cette nouvelle soit plus longue, car on reste vraiment sur sa faim…

    La plume de l’auteure est très agréable et on sent vite la psychose de son personnage principal. 


     

     

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  • Auteur : Rebecca Borakovski

    Éditeur : Flammèche

    Le mystère de la tour de l'horloge

    Mon avis

    Sans être mauvaise, cette nouvelle n’est guère passionnante. La couverture est jolie.

    Globalement, je me suis ennuyée, l’histoire est assez classique et ne n’ai pas été surprise. L’écriture de l’auteure n’est pas mauvaise, mais je l’ai parfois trouvée brouillonne et j’ai relevé quelques trucs qui ne collent pas trop… Un peu plus d’approfondissement l’aurait surement rendu plus attractive.

    La chose qui m’a le plus dérangée, c’est la « lady »… Non sérieusement, en France, ce terme n’existe pas. C’est un titre anglais. Et il n’y a aucune justification à ce que la demoiselle soit Lady, et non Dame, comme toutes les autres femmes qui ponctuent la nouvelle. Ça donne l’impression que ce terme est là « pour faire classe » par ce que c’est en anglais… Bref, ça m’a vraiment agacée.

    Et aussi, le mystère de la TOUR de l'horloge ... quelle tour ? Car l'horloge en question n'est pas dans une tour, mais entre deux tours ...

     

     

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  • L'opération "Les auteurs Francophones SFFH ont du talent" continu tout ce mois de novembre.

    Je vous propose donc une courte nouvelle steampunk.

    Bonne lecture

    Contre flots et vapeurs

     

     

     Mélior se tenait droite sur le gaillard de son navire. C’était une merveille de technologie : trois cheminées à vapeur, quatre ponts et deux batteries de canons. Dans la cale, les machines tournaient à plein régime et crachaient des bouffées de fumées jaunes. Les petites bactéries effectuaient bien leur travail. Enfermées dans des larges cuves munies de pistons, elles produisaient un gaz révolutionnaire nécessaire pour la combustion de l’hydrogène. La réaction augmentait la pression qui activait les injecteurs des moteurs. D’immenses engrenages entrainaient les roues à aubes du pyroscaphe, lui permettant d’avancer à une grande vitesse sur les flots. Elle s’enorgueillissait fière d’en être la capitaine. Avec la montée des eaux, la marine avait beaucoup recruté de jeunes personnes pour former les nouveaux dirigeants des Océans. De plus, la découverte de ces bactéries, produisant un combustible efficace et infini, révolutionna l’industrie. Des progrès phénoménaux avaient été réalisés dans tous les domaines. Toute l’ancienne technologie avait laissé place à cette nouvelle ère de gaz

     

    La jeune femme observait la mer, ses cheveux roux lui tombaient sur les épaules et les mèches de sa frange venaient lui brouiller la vue. Sa silhouette trapue contrastait avec les hautes tours élancées des cheminées à vapeur. De ses yeux verts, elle guettait l’horizon. Elle savait que l’ennemie devait rôder dans les alentours. La dernière fois qu’elle avait croisée le chemin de Capucine la Terrible, Mélior avait perdu une partie de sa flottille d’accompagnement, mais avait réussi à porter un coup décisif à son adversaire. Elle avait envoyé par le fond le plus gros de ces navires, rendant son opposante vulnérable. Mais les bateaux restants étaient tout aussi dangereux, car ils voguaient rapidement et se manœuvraient facilement. Elle ignorait si ces petites embarcations possédaient une voile simple ou ayant le système de propulsion par gaz bactérien… Cette différence pouvait s’avérer importante dans la stratégie à adopter. 

    Mélior se pencha sur les rambardes des ponts puis glissa son monocle à vision subaquatique sur son œil. Plusieurs épaisseurs de verres se superposaient selon la profondeur à laquelle elle désirait voir. Elle voulait vérifier que son protecteur furetait sous la coque. Elle chercha pendant quelque instant avant d’apercevoir à une dizaine de mètres sous l’eau une très longue silhouette noire serpentait sous le navire. Au cas où les choses tourneraient mal… Ou que Capucine fasse appel à d’obscures forces pour remporter la victoire. Elle était prête à tout pour gagner.

     

    Le temps était clair et ensoleillé et jamais Mélior n’aurait pensé se faire prendre par surprise. Pourtant, les trois petites chaloupes de La Terrible surgirent de nulle part, fonçant en zigzague vers le pyroscaphe. Les mats, servant aussi de cheminée à vapeur, crachaient à pleins poumons. Les bacs contenant les bactéries étaient accrochés comme deux tonneaux à l’arrière des barques. Les voiles étaient toutes déployés pour faciliter encore un peu plus la propulsion. Capucine se tenait à l’avant d’un des canots lunettes antibrouillage sur les yeux et son tube à oxygène sortant de sa bouche pour l’aider à souffler. Ses problèmes respiratoires étaient bien connus et représentaient un grave désavantage si elle tombait à l’eau. Comme toujours, ses cheveux blonds vénitiens étaient attachés en deux couettes qui remuaient en même temps que le roulis des vagues.

    Sans plus attendre, la capitaine Mélior donna l’ordre de faire tirer la première batterie de canons. Les embarcations ennemies étaient petites et très mobiles et donc difficiles à atteindre. Seule l’une d’entre elles fut légèrement touchée, stoppant sa progression, mais ne l’envoyant pas par le fond. Une trainée jaune se déversa dans la mer : le compartiment à bactérie avait été endommagé. Une deuxième salve fut lancée et le coula cette fois-ci. Mélior ajouta un second monocle qui le transforma le premier en longue-vue, pour voir si sa coriace adversaire s’y trouvait ou non sur cette épave. Elle eut vite la réponse lorsqu’un violent tremblement fit dangereusement tanguer son bâtiment.

    La jeune femme observa frénétiquement les alentours pour repérer les deux autres canots. L’un d’eux était passé à tribord et venait de pulvériser une des roues à aubes. Le navire n’était plus manœuvrable et devenait donc une proie facile. Elle n’allait quand même pas se faire battre par deux minuscules barques de l’ère crétacée alors qu’elle dirigeait l’un des plus beaux pyroscaphes du monde ? Elle ordonna à ce qu’on lance le bâtiment à toutes vapeurs afin de gagner un peu de vitesse et de préparer à nouveau les canons pour un feu croisé.

    Les boulets pulvérisèrent une seconde embarcation. Celle-ci vola en éclat dans un nuage jaunâtre. Fière de sa réussite, Mélior se mit à rire à gorge déployée. Sa victoire approchait. Sa joie fut stoppée lorsqu’un énorme tourbillon bouillonnant se forma à quelques encablures du pyroscaphe. Un maelstrom apparut et aspirerait en son sein tout ce qui naviguerait à sa portée. La panique envahit la Capitaine. Avec une aube en moins, elle doutait de pouvoir éviter l’engloutissement. Elle tapa du poing et hurla ses ordres. Il fallait rapidement utiliser les rames de secours. De petites trappes s’ouvrirent sur le côté où la roue avait été déchiquetée et d’immenses pagaies en sortirent. Le raccordement avec les soupapes à bactéries prendrait trop de temps, les marins durent donc s’y mettre manuellement. Il faudra pourtant tenir un moment. C’était de toute façon ça ou périr. La lutte ne fut pas veine, car le navire s’éloigna doucement du danger au fur et à mesure que les rames se rattachaient aux cuves à pression. Mélior put voir Capucine bouillir de rage sur son canot. Jouissif. La Terrible n’avait pas prévu cet équipement rudimentaire de secours, mais elle ne manquait pas d’idée pour autant.

    C’est à ce moment que se produisit l’impensable. Un immense serpent de mer sorti du maelstrom. La colère et la frustration de Mélior dépassèrent toutes les bornes ! Comment voulez-vous lutter contre ça ! Elle hurla de charger à nouveau les canons avec des boulets de tailles supérieures et de viser juste. Au fur et à mesure que la créature émergeait, elle devenait une cible facile. La salve la toucha de plein fouet, mais les projectiles rebondirent sur son corps mou et visqueux. La jeune femme tapa du pied sur le pont. Malheur ! 

    Le serpent géant leva sa longue et lourde queue et l’abattit sur le navire. Une des cheminées s’effondra. Le gaillard fut recouvert d’une épaisse fumée obstruant toute vue !

     Il fallait réagir et vite ! Capucine jouait à ce petit jeu là ? Très bien ! Mélior ne voulait pas en arriver à de telles extrémités, mais elle n’avait plus le choix ! Il était temps pour elle d’invoquer le Kraken !

     

    Elle leva les mains et appela son protecteur. Sortant des abysses, les tentacules gigantesques du monstre fouettèrent les flots. Les remous provoqués par le poulpe géant surpassaient de dix fois supérieures à ceux du serpent. Le pyroscaphe tangua dangereusement, brisant sa deuxième cheminée. C’était le tout pour le tout. Il était surprenant que l’embarcation ennemie ne chavire pas. Mais Capucine était une marin avertie et savait prendre les vagues, même les plus scélérates.

     Mélior ne pouvait pas voir son adversaire à cause de la fumée rependue sur le pont, mais elle se doutait que celle-ci devait être blême. Car elle n’avait pas invoqué n’importe quel kraken, mais le Roi des ceux-ci : Cthulhu.

    La créature se dressa, immense Dieu parmi les humains et se mit à réciter : « Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn. Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn ».

    La victoire était proche pour Mélior lorsque que…

     

    — Non ! Non ! Mélior tu triches ! C’est pas juste !, couina Capucine, avec sa voix fluette d’enfant, et donnant un grand coup de poing dans l’eau. T’as pas le droit d’invoquer le Cthulhu ! 

    — C’est toi qu’as commencé ! T’es qu’une mauvaise joueuse ! Rétorqua sa sœur jumelle en renversant d’un revers de main les petits bateaux de bois qui flottait à la surface pleine de mousse de la baignoire.

    — Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! »

    La petite fille sortit l’eau en pleurant, courant cul nu voir leur mère et laissant des traces de pieds sur le carrelage de la salle de bain.

     

    Les auteurs SFFFH francophones ont du talent (2)

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  • Aujourd'hui, je participe à l'opération "Les auteurs de SFFFH ont du talent" organisé par l'invasion des Grenouilles.

    Je vais donc vous présenter un extrait de ma nouvelle "Mary Wollstonecraft". Et comme l'opération dure tout le mois de novembre, je vous présenterai surement d'autres extraits de mes œuvres non publiées.

    Les auteurs de SFFFH ont du talent



    Synopsis :

    Suite à un défi lancé par Lord Byron, la jeune Mary Godwin a toutes les peines du monde à trouver l’inspiration. C’est alors qu’elle trouve dans les affaires de sa défunte mère, un curieux carnet… Entre vérités et mensonges, entre la vie et la mort, cette lecture va changer le cours de l’histoire…

     

    Extrait :

    Mary interrompt sa lecture. Des larmes coulent le long de ses joues. Elle vient de lire le récit de sa naissance et du décès de sa mère. Elle est bouleversée et retient un sanglot. Son père lui avait juste dit que celle-ci était morte en couche, chose, hélas, courante. Peut-être lui avait-il révélé trop tôt, mais la petite Mary s’était toujours sentie responsable. Et voilà qu’elle découvre exactement ce qu’il s’est passé, de la main d’un médecin visiblement très proche d’elle.

    La jeune femme saisit un mouchoir dans un pli de sa robe et essuie ses pommettes humides et rosies. Elle veut reprendre la lecture, mais elle entend Percy crier joyeusement son prénom depuis le jardin. John Polidori les avait rejoints pendant la promenade et le petit groupe désire à présent prendre le thé. Mary écoute encore un moment son compagnon lui déclamer un poème à la fenêtre, tel Roméo à Juliette.

    Un instant, elle pense à demander au Dr Polidori s’il connaît un confrère portant les initiales du livre. Mais une telle question attirerait l’attention de Percy, et le jeune médecin ne manquerait pas d’en parler à Byron. Ce dernier ne pourrait s’empêcher de fourrer son nez dans ce qui le ne regarde pas ; ce que Mary ne souhaite absolument pas.

     

    *

    Le 5 septembre 1797

    Je me dis que c’est peut-être une chance que tu n’aies pas accouchée chez toi. Je n’aime pas Godwin, il est trop anarchiste à mon goût, mais il a eu la clairvoyance de t’amener ici. Tu as survécu à cette nuit, ma belle Mary. C’est bon signe, mais ta fièvre n’a pas baissé.

     Te souviens-tu que tu as pris ta petite fille dans tes bras un instant ? C’est une enfant très vive et agitée. Je suis sûr qu’elle sera plus aventurière que toi ! La joie semble avoir quitté Fanny, elle pleure beaucoup pour que son beau-père lui prête aussi un peu d’attention. J’ai peur qu’elle devienne envieuse de sa petite sœur. Mais j’ai de la peine pour elle : abandonnée par son père et éclipsée par Mary. La jalousie dans une famille, ça rend fou et pousse à des actes excessifs. J’y ai réfléchi toute la nuit et aujourd’hui en te veillant. Il faudra faire attention à elle si tu te remets….

    Oh Mary ! Je ne veux pas que tu périsses ! Tu ne DOIS pas mourir ! Tu as deux adorables filles à élever. Que j’aimerais également te donner de si magnifiques enfants ! Tu dois vivre pour elles ! Tu dois vivre pour moi ! Je ne supporterai pas de continuer à exister dans ce monde, en sachant que tu es morte dans mon cabinet, sous mes yeux. Je ne n’admettrai pas d’avoir été aussi impuissant que je l’étais à l’école de médecine. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, je pourrais même dire que du sang a coulé dans les veines de l’humanité. J’ai commencé à préparer de quoi te garder en vie si jamais ton c?ur venait à ne plus battre dans ta poitrine. J’ai envisagé toutes les façons possibles pour que tu survives.

    Pardonne ma perversité en ce moment tragique, ma belle Mary, mais étendre ce linge froid sur toi m’a rempli d’amour. Ta peau est si blanche et chaude. Tu es telle une déesse prisonnière du monde des Hommes. Et telles les éblouissantes divinités de l’Antiquité, je ferai en sorte que tu ne sois pas juste de passage chez les mortels. Non, toi, Mary, tu seras la Nymphe de la Liberté Immortelle ! Je ne te laisserai pas mourir, je te le promets.

     Les auteurs de SFFFH ont du talent

    Si vous voulez en savoir plus, c'est par ici : Mary Wollstonecraft 

     

     

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